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mardi 16 décembre 2014

Voir-Ecouter, Nurgül

Interview avec Stromae sur TF1
Journal du 20h avec Claire Chazal
Date de diffusion : 30.11.2013
Personnages : Modératrice Claire Chazal (C), Stromae (S) et narrateur (N)          
Durée : 06 :25

Cette vidéo montre une interview avec le chanteur belge Stromae sur la chaîne TF1. Il  s’agit dans la conversation surtout du nouvel album de l’artiste, ‘Racine Carrée’, sorti au moins d’août de 2013. Cependant, on thématise aussi la vie et la personnalité du chanteur, afin de le faire plus connu et populaire chez son public. Quoique le reportage soit court, il contient beaucoup d’informations sur le chanteur.
J’ai choisi cette interview parce que j’aime bien la musique qu’il fait et j’ai voulu  bien savoir plus sur son personnage.






Transcription
C : Un invité exceptionnel dans ce journal. Le chanteur Stromae, artiste singulier dans l’univers, séduit déjà un large public. Il a sorti un nouvel album en août qui s’a vendu à neuf  cent mille exemplaires et/ il part en tournée, un phénomène que nous… découvrirons donc à la fin de cette édition.
[Aspiration longue] Invité exceptionnel de ce journal, Stromae, véritable phénomène musical 2013 puisque son deuxième album, sorti au mois d’août, intitulé ‘Racine Carrée’, s’est déjà vendu à près de neuf cent mille exemplaires dans le monde. Nous avons la chance de le recevoir. Il est passé nous voir [ka] ce soir à l’heure du journal et l sera sur scène à Orléans. Bonsoir/ Stromae.
S : Bonsoir
C : Merci beaucoup d’être avec nous. Alors, on va d’abord découvrir votre personnalité et aussi en exclusivité les images du troisième clip de l’album qui s’intitule ‘Tous les mêmes’. Tout c’la grâce à Romain Gauche (?)
Bande-annonce du clip ‘Tous les mêmes’ ♫ [Tous les mêmes et y ont a marre, tous les mêmes tous les mêmes, tous les mêmes…]
N : [Il chante ‘Tous les mêmes’, mais lui ne ressemble à aucun autre.]
♫ [Si tu veux finir maintenant c’est l’monde à l’envers mois je l’disais pour te faire réagir seulement, toi t’y pensais. Rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous au prochain règlement. Rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous sûrement aux prochaines règles]
N : Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver, est un chanteur belge de 28 ans d’origine ruwandaise, qui a creéun style singulier.
♫Musique au fond
N : L’univers de la ‘chanson’ française sur fond de musique électro et de Hip-Hop. Stromae fait résonner sa voix grave sur des rythmes dansants et des paroles qui veulent faire réfléchir. ♫ [Outai, Papaoutai, outai, Papaoutai, outai, Papaoutai…] Sujets de société, thèmes contemporains comme dans la chanson ‘Papaoutai’ qui évoque l’absence du père. ♫[Papaoutai outai, Papaoutai] L’été dernier, ‘Racine Carrée’, son deuxième album est très vite en tête des ventes. Il court en cinq années de carrière et a déjà une solide popularité
S : [Bonjour]
Passante : Hello
N : Il faut dire que Stromae frappe un grand coup à chaque apparition
                                                                                              ♫ [Tu étais formidable, j’étais fort minable...]
N : Dans ce clip hyperréaliste il simule l’ivresse en plein Bruxelles, toure l’écorchure sans doute. On l’a trop comparé à Jacques Brel. ♫ [Fooormidable]. Stromae a été cri comme le phénomène du moment. ♫ [Formidable, j’étais fort minable]. Il est peut-être bien plus ♫[Nous étions fortmidables].
C : Alors Stromae vous n’avez que 28 ans. Vous êtes déjà l’auteur de plusieurs tubes. Comment vivez-vous, comment ressentez-vous cette popularité ?
S : Vertigineuse. Oui, j’avoue q’ça ça fait toujours peur quoi. C’est toujours parce que, je –j’préfère voir le v-verre toujours à moitié- vide pa’c que sinon c’est pas très amusant et c’est pas très excitant. (D)onc, oui j’ai toujours peur deee de quoi après en fait ?
C : Hm, et vous avez le sent-..le le, vous ‘vez bien la conscience que cette popularité, elle traverse aussi des générations. Vous touchez un public assez large au fond.
S : ça c’est oui j’avoue que c’est un super beau compliment. Jeee, pa’c que je je déteste tout c’qui est snobisme, donc forcément je n’fais ni de la musique pour les vieux ni pour les gamins. [Aspiration forte] Euuh. Je fais de la musique aa pour qui veut l’entendre et euh j’(a)voue que c’est un super compliment d’entendre et ni la musique, pour ni brancher, ni euh des fans de Hip Hop, ni eu…je fais de la musique pour les humains. Et j’avoue que c’est un super beau compliment quand on me dit que c’est intergénérationnel, donc euh je n’ai pas dire merci j-j je sais pas quoi quoi dire d’autre.
C : Alors là vous avez entrepris une grande tournée qui va vous mener...mmm... d’abord au Trianon au moins d’ décembre, puis au Zénith au printemps et à Bercy, une sorte de consécration en novembre, c’est évidemment une salle gigantesque. Est-ce que la scène est pour vous indispensable ?
S : J’avoue que dee d’aller les rencontrer tous ces gens qui ont acheté l’album et qui viennent euh pou-pour voir et par curiosité se dire qu’est-ce qui’ va nous faire en live bah c’est aussi euh euh un devoir quoi et donc j’avoue que ça m m’in-impressionne et puis euh ça donne envie simplement de communiquer quoi et euh j’avoue que à force de passer du temps en studio des fois on-on perd l’humain quoi.
C : En me’ temps les gens sont curieux de savoir quel est votre parcours, comment vous avez vécu, votre destin et aussi des chan-chansons sur votre père. On sait que, votre père, vous l’avez perdu assez jeune. Tout ça évidemment euh intrigue eet intéresse euh votre public et émeut aussi les spectateurs
S : Bb...ap-ap-après je-je je ‘fin p(e)nse que je me trompe mais je-je-j’uis pas tout à fait convaincu eeeuh d’ailleurs c’est vrai que le morceau ‘Papaoutai’ parle pas forcément de mon papa et parle plutôt de part-paternité en générale eeeuh mais j’uis convaincu que si je racontais vraiment ma vrai vie ça intéresserait personne….vraiment. [rire]
C : Alors on vous découvre quand même aussi sous un jour assez audacieux et même courageux da-dans ‘Formidable ‘ on va pas dire que c’est un tube mais tous le monde le fredonne vous l’savez. Vous n’avez pas hésité dans le clip à vous montrer vous-même euh comme un individu un peut dépravé en tous cas un peu eeuh un peu ivrognement dans les rues eeuuuh, au fond c’est c’est peut-êt’ c’est mis à nu qui touche qui touche votre public… aussi.
S : Eeuh je pense que c’était et d’ailleurs un échange que j’ai eu avec euh mon grand frère euh la famille c’est toujours important.
C : [Qui travaille avec vous d’ailleurs ?]
S : Tout à fait.  Euh qui est photographe je l’embrasse d’ailleurs Dady (?) qui me dit eeuh la veille du tournage, pa’ce que je, on ét’ évidemment en grosses hésitations, (on se) disant commet faire ce tr’ caméra cachée ou pas. [Aspiration] il m’a il m’a dit bah avec euh pourquoi est-ce que t’as peur ? Je lui dit bah parce que j’ai peur pour mon image. Il m’a dit ton image/ ? Depuis quand est-ce que tu parles de ton image ? Si tu parles de ton image c’est que t’as changé donc je fais (o) k que c’est bon merci je ne m’dis plus j’y vais tout de suite et j’ fonce
                                                                                                          [C : ‘Racine Carrée’ c’est aussi donc eeuh l’idée que voues êtes un êt’ construit assez solide euh voir mm exigerait méticuleux/ c’est c qu’on voit dans ce dans ce travail, c’est ce qui vous caractérise/
S : Peut-êt’ méticuleux en tout cas euh et ça c’est pour voir le verre à moitié rempli et à moitié vide, c’est que ça risque un maniaque relou eeuh que je suis/
                                                           C : (rire doucement)
S : Eeuh je-j-j’ai pas l’impression que j’sais exactement c’ que je veux et je pense que euh ce qui me caractérise c’est qu’en fait justement je sais pas, c’est un jour c’est noir, un jour c’est blanc [Aspiration forte]. Euh bâtard que je suis euh moitié moitié euh voilà le montre bien euh, mais c’est vrai que je-je sais jamais en fait, je sais jamais et c’est ça mon problème et qui fait ma particularité sur mo(i) quoi.
                                               [C : Et sûrement l’intérêt évidemment des-des chansons de ce que vous écrivez, de ce que vous composez. On vous compare/ souvent à Jacques Brel, j’ais pas si euuuuh évidemment c’est c’est f-flatteur mais j’ais pas si vous avez envie d’accepter cette comparaison\
S : Brel, c’est plus par respect. Pour lui, son parcours, son œuvre que euh je-je n’accepte pas ouuu je prends très bien, c’est un très beau compliment mais, par pudeur je préfère laisser là où il est parce queee/ [Aspiration] jamais je n’oserais m(on) comparer à lui. [rire]
C : C’est Stromae ! Merci infiniment d’être venu nous voir et d’être passé sur cee plateau. Evidemment, on vous fait beaucoup d choses pour cette euh tournée et l’album donc ‘Racine Carrée’/ qui est en vente depuis le moins d’août dernier. Merci infiniment de votre présence.
                                                                                   S : [Merci, merci] doucement



Analyse de l’interview
Dans cette analyse je vais jeter un regard sur quelques types d’argument utilisés dans l’interview et je vais aussi faire des remarques sur le vocabulaire.
Comme il s’agit d’une interview à la télévision, on constate tout de suite que le langage de la modératrice et formel et soigné. Elle vouvoie son invité et montre aussi une certaine distance à lui. Au contraire, Stromae utilise un registre moins élevé ce qui ne veut pas dire qu’il se sert d’un langage familier. Ce qui est frappant, c’est le fait que le chanteur commence presque chaque phrase avec le verbe avouer. Il dit alors toujours ‘J’avoue que…’ au lieu d’utiliser une autre formule. Parfois il le répète même plusieurs fois dans un seul énoncé. Il dit aussi quelque fois quoi à la fin de ses phrases, un mot explétif appartenant au langage quotidien. Cet explétif n’a pas de rôle grammatical, mais sert plutôt à assurer la transmission de ce qui est dit à l’interlocuteur ou simplement pour orner la phrase.
Un autre phénomène linguistique, très fréquent dans la langue française, est l’omission des syllabes et des lettres, générée par la vitesse de parole et l’économie de la langue. Comme dans les exemples : pa’c que, peut-êt’, m’dit, j’uis. Ce phénomène est clairement audible dans toute l’interview. Stromae a souvent l’air d’hésiter et de réfléchir quand il répond aux questions, ce qui se montre dans les expressions euh ou et. Il faut quand même admettre que cette hésitation est normale, comme il s’agit des réponses spontanées et non pas réfléchies à l'avance. On rencontre dans l’interview également des anglicismes comme : tube, snobisme, en live, fan, qui ont affaire avec la branche de la musique, puisqu’elle est influée par le monde anglophone.

Quelques types d’argument

Argument de causalité
-Je déteste tout c’qui est snobisme, donc forcément je n’fais ni de la musique pour les vieux ni pour les gamins.
- J’avoue que à force de passer du temps en studio des fois on-on perd l’humain quoi.
-Si tu parles de ton image c’est que t’as changé.

Argument par les faits
- On sait que, votre père, vous l’avez perdu assez jeune. Tout ça évidemment euh intrigue eet intéresse euh votre public et émeut aussi les spectateurs.

Argument  ad personam

-Euh bâtard que je suis euh moitié moitié euh voilà le montre bien euh, mais c’est vrai que je-je sais jamais en fait, je sais jamais et c’est ça mon problème et qui fait ma particularité sur mo(i) quoi.

jeudi 11 décembre 2014

Ouïr-Voir, Nurgül






















https://www.youtube.com/watch?v=-R_MtmJS3Fw


Je vais bien, ne t’en fais pas est un film de Philippe Lioret, de l’année 2006, adapté d'après le roman d'Olivier Adam. Ce film raconte l’histoire de la protagoniste Lili et de son frère jumeau Loïc qui disparaît soudainement après une dispute avec son père. Lili rentre des vacances quand ses parents lui racontent que son jumeau a quitté la maison parentale, sans entrer vraiment dans les détails. Lili qui avait une relation très intime avec son frère s’inquiète beaucoup pour lui, mais gardant toujours l’espoir qu’il reviendra bientôt. Néanmoins, le temps passe et Loïc ne donne aucun signe de vie. Les  raisons pour lesquelles il est parti demeure toujours mystérieuxles , en plus, l’insouciance de ses parents fait augmenter ses doutes. Elle cesse de manger et de boire jusqu’ au jour où elle perd la connaissance. Les médecins, voyant qu'elle en gravement atteinte dans sa santé, décident de l'envoyer dans une psychiatrie pour qu’elle puisse s’y reposer. Mais les souffrances de Lili se renforcent de jour en jour, alors qu'elle reste sans nouvelle de son frère. Comme ses parents voient combien leur fille souffre, ils commencent à lui écrire des lettres, prétendant que c’est Loïc. Avec cette première lettre l’état de Lili s’améliore visiblement. Elle regagne du courage et se calme. Dans les lettres Loïc dit qu’il est en train de parcourir la France afin de retrouver la paix et la satisfaction après la querelle, ne disant pas toujours quand il revient. Ces nouvelles encouragent la jeune fille. Un jour, elle dit à ses parents qu’elle veut passer le week-end dans les montagnes, mais en fait elle va chercher son frère là, d’où elle a reçu sa dernière lettre. Elle y va seule et se met à le chercher dans toute la ville. Peu après s’ajoute aussi Thomas à la recherche, son ami (copain). Mais cette aventure se termine avec une triste découverte. Assise dans un café avec Thomas, Lili reconnaît son père. Elle le voit comme en train d’acheter un timbre. Elle le poursuit et voit qu’il envoie une lettre. À ce moment-là, elle se rend compte que toutes les lettres étaient écrites par son père et que ses parents l'ont manipulé pendant tout le temps. Déçue et bouleversée, elle rentre à la maison et confronte ses parents avec le mensonge. Les parents se taisent et évitent toujours de parler, bien que l’histoire soit résolue. À la fin, se révèle la bizarre disparition de Loïc. Il a été victime d’un accident quand Lili était en vacances et les parents ont caché sa mort pour la protéger

1.     Scène

Dans la première scène on voit que Lili a quitté la psychiatrie et revient à la maison avec ses parents. La mère ouvre la boîte aux lettres et lui dit qu’elle a reçu une nouvelle lettre de son frère. Lili, qui se réjouit évidemment, lit la lettre à voix haute à sa mère. Dans la lettre Loïc raconte qu’il va très bien et qu’il est content de ne plus voir son père, avec lequel il avait toujours une relation difficile. Ce qu’il dit est tellement authentique qu’on ne doute comme spectateur jamais de son existence. On croit même qu’il va revenir bientôt. Le rôle joué par les parents est vraiment réfléchi et préparé. Cette scène est aussi importante parce qu’elle est trompeuse. Le spectateur pense que le mystère de la disparition est résolue. Elle donne l’impression d’un premier dénouement.


2.     Scène

Cette scène s’oppose à la première puisqu'elle révèle la triste vérité. On voit Lili avec son copain Thomas dans un local. Les deux mangent un snack quand Lili aperçoit une figure familière qui porte un imperméable et achète un timbre. Elle poursuit cette personne et voit comme il envoie une lettre, il s’agit de son père. Le père se trouve aussi dans la ville d’où est venue la dernière lettre de Loïc. Maintenant, tout devient clair. C’était alors toujours le père qui imitait l’écriture de son fils et envoyait les lettres. On peut également parler ici d’un quiproquo, car le spectateur a pris le père pour Loïc tout le temps. Mais cette scène montre aussi d'autres particularités. Elle contient la péripétie qui est en même temps le dénouement en même temps. Le film prend une autre direction après cette révélation et la problématique se dénoue.

jeudi 4 décembre 2014

Performance, Nurgül


L’Étranger (1942), Albert Camus
L’Étranger est un roman de fameux écrivain et philosophe Albert Camus, un représentant important de la littérature française et l’existentialisme du XXième siècle. A l’époque, ce roman avait joui d’un grand succès, qui se maintient jusqu’à aujourd’hui, une lecture obligatoire dans les écoles. Albert Camus a provoqué une rupture dans la littérature française, car il a été l'un des premiers auteurs qui ont utilisé le passé composé dans un roman. L’œuvre thématise la vie du protagoniste Meursault qui se termine avec la condamnation à mort. Meursault est un jeune homme qui vit dans Algérie des années 30. On n’a pas beaucoup d’indications sur son aspect physique, car il n'est jamais décrit. Cependant, on sait qu’il travaille comme fonctionnaire dans un bureau et mène pratiquement une vie routinière dans laquelle des aventures amoureuses jouent également un rôle important. La caractéristique la plus frappante est l’indifférence omniprésente du protagoniste. Il se montre indifférent à la mort de  sa mère, au sexe et jusqu'à la prononciation de la mort. Par les premières phrases déjà, on a l’impression que tout lui est égal. Cette caractéristique intentionnellement choisie expose la théorie de l’absurdité, un domaine philosophique auquel se dévouait l’écrivain. Meursault est en fait l’incorporation de l’homme absurde. 

Le style
Comme le contenu le style de ce roman est d'un grand intérêt. Albert Camus se sert d’une langue assez sèche, froide et sans émotions. Les phrases sont minimalistes et plutôt descriptives. L’auteur a écrit ce roman comme si c’était un journal intime pour mieux montrer le désintérêt lourd que voue au monde sur le protagoniste. Il s’éloigner de toutes sortes des émotions et le texte obtient ainsi un air neutre.

L’Étranger (1942), Albert Camus
Première partie
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content. Je lui ai même dit : « Ce n'est pas de ma faute. » Il n'a pas répondu. J'ai pensé alors que je n'aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n'avais pas à m'excuser. C'était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman n'était pas morte. Après l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J'ai pris l'autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a dit : « On n'a qu'une mère. » Quand je suis parti, ils m'ont accompagné à la porte. J'étais un peu étourdi parce qu'il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.
J'ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j'étais tassé contre un militaire qui m'a souri et qui m'a demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » pour n'avoir plus à parler.
L'asile est à deux kilomètres du village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé et ensuite, j'ai vu le directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était un petit vieux, avec la Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs. Puis il m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : « Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J'ai cru qu'il me reprochait quelque chose et j'ai commencé à lui expliquer. Mais il m'a interrompu : « Vous n'avez pas à vous justifier, mon cher enfant. J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle était plus heureuse ici. » J'ai dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajouté : « Vous savez, elle avait [12] des amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d'un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous. »

Source : Albert Camus, L’Etranger, Reclam (2003), p.3-5



Le pastiche
Je vais modifier cette partie initiale de l’étranger afin de lui donner une marque différente. J’ai choisi le début du roman puisque on y voit très bien l’indifférence que je viens de mentionner. Ce trait de caractère m'étonne tellement que je vais m'y confronterque. Dans ce qui suit je vais prétendre être Meursault et je vais m’imaginer comment je réagirais si je perdais ma mère. Je vais renverser les réactions de Meursault et les rendre moins froides.   En outre, comme l’intrigue se déroule dans les années 30, je vais actualiser l’œuvre en la transposant à notre temps. Néanmoins, je vais essayer de garder le style non orné de Camus et la plupart des phrases originales.

L’Étranger, Version modifiée
Aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un coup de téléphone de l’asile : «Monsieur Meursault, nous sommes vraiment désolés de vous dire que votre mère ait décédée, venez faire vos adieux demain.»
 L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il m’a donné son approbation. Il avait l’air vraiment triste quand je lui ai raconté que maman était morte. Je lui ai même dit : «Ce n’est pas de notre faute.» Il a répondu par un «oui» fatigué. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. Je ne savais pas que sa mère était morte aussi récemment. En somme, je ne savais pas si je devais m’excuser ou pas. Pourtant, c’était très gentil de sa part qu’il m’ait présenté ses condoléances. J’ai enfilé des vêtements de deuil dès qu’ ils m’ont appelé de l’asile. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte, je ne le comprends toujours pas. Je pense qu’après l’enterrement, je réaliserais certainement qu’elle s’en est allée pour toujours.
J'ai pris l'autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a dit : « On n'a qu'une mère. » J’ai dit: « Tu as raison et j’ai dû pleurer après ses mots.» Quand je suis parti, ils m'ont accompagné à la porte. J'étais un peu étourdi parce que je ne savais pas comment composer avec cette douleur que ma mère avait laissée derrière.
J'ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j'étais tassé contre mon voisin qui m'a souri et qui m'a demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » et nous avons parlé un peu. Après cette petite conversation j’ai pris congé poliment et je me suis mis en route.

L'asile est à deux kilomètres du village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge m’a parlé des nouveautés de Marengo pour me faire oublier la perte de ma mère. Car il savait combien je l’aimais. Ensuite, j'ai vu le directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était un petit vieux, avec la Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs et compatissants. J’ai pensé alors qu’il avait dû voir que j’avais pleuré pendant tout le chemin. Puis il m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : « Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J'ai hoché la tête silencieusement. Après il a ajouté: « Je sais que vous aviez une relation très intime, mon cher enfant. Ne vous faites pas des reproches. J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle était vraiment heureuse ici. » J'ai dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajouté : « Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d'un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous. »

__  *modifié par moi

vendredi 28 novembre 2014

Rencontrer, Nurgül
















Interview avec Amanda Jennings

Les études

J’ai fait une interview sur le sujet « les études » avec Amanda Jennings, une adolescente de 21 ans qui vient de Neuchâtel. Amanda fait des études de français et d’allemand à l’université de Bâle et elle se trouve actuellement dans le 2ième semestre. Comme elle est aussi une étudiante, j’ai choisi de faire un reportage avec elle puisqu’elle comprendrait le mieux la vie des étudiants.

Amanda et moi, nous avons pris rendez-vous à la cantine du séminaire de Français après les leçons. Aussi avec nous Lukas Weber, le copain d’Amanda. Il s’est mis à distance et nous à écouté attentivement pendant toute l’interview. D’abord j’ai commencé mon interview avec une question sur la décision de faire des études. Je voulais savoir pour quoi elle étudiait au lieu de faire un apprentissage. Amanda a répondu que, pour l’objectif qu’elle avait, un apprentissage ne serait pas le chemin raisonnable. Puisque, étudier une langue exige des études à l’université, faire un apprentissage ne serait pas adéquat dans ce cas-là. Elle n’étudiait pas pour devenir professeur, comme la plupart de ses camarades, mais plutôt pour exercer un métier qui allait dans la direction de la traduction ou interprétation. Quand j’ai voulu savoir selon quels critères elle avait choisi ses études, elle a dit d’une voix plus forte qu’elle aimait les langues et a ajouté : « on essaie d’étudier ce qu’on aime.» Car, pour elle c’étaient ses « passions », les langues,  qui avaient joué un rôle décisif par rapport au choix de ses études. Ensuite, j’ai demandé à mon partenaire d’interview ce qu’elle attendait de ses études. Initialement, elle a hésite et s’est mis à raisonner, admettant la difficulté de cette question. Mais la réponse qu’elle a donnée de suite était bien réfléchie et même un peut philosophique. Amanda a décrit le temps des études comme un « chemin » ou une « aventure » et a inclus à sa réponse que pour elle, le but serait arriver à parler l’allemand parfaitement un jour. Amanda, qui a déménagé à Bâle, se trouve encore face aux différences dans son quotidien et essaie de s’adapter à sa nouvelle vie baloise. Pour elle, s’habituer à Bâle n’était pas facile. Ayant vécu toute sa vie en Neuchâtel qui est plus petite que Bâle, s’y intégrer est un procès continuant.

Amanda a dit que le temps des études était pour elle aussi une opportunité d’être indépendante et apprendre à vivre seule. Une autre question que je lui ai demandée était concernant sa vie quotidienne. Comment organise-t-on sa vie avec les études ? L’étudiante a répondu que l’organisation de son quotidien ne contenait pas uniquement de rendre les travaux à temps ou faire des devoirs constamment, mais elle avait aussi des nouvelles tâches comme par exemple, payer les factures, faire les achats et le ménage. Dès qu’elle vit avec son copain, ils n’ont plus leurs parents à côté d’eux qui se chargent de ces besognes.

Les études qui représentent souvent une étape très importante dans les vies de jeunes, ont également changé la vie d’Amanda, spirituellement comme intellectuellement, quand j’ai voulu savoir si elle a aperçu des changements. En outre, elle a admis que déjà s’exprimer en allemand figurait une difficulté pour elle, car selon Amanda chaque langue avait ses propres manières d’expressivités. De sorte que, on ne transmettait pas les mêmes émotions en allemand qu’en français. Une autre difficulté pour la Romande est le suisse-allemand, qui évidemment se diffère beaucoup de l’allemand standard qu’elle apprend à l’université. Amanda entend assez bien le dialecte, mais elle ne peut pas le parler encore. Elle a ajouté en plus qu’il fallait parfois dépasser ses limites pour pouvoir se développer. Ella a dit sur soi-même qu’elle avait quelquefois la tendance d’être timide et dans ces cas-là l’université était un lieu idéal pour faire des nouveaux amis. Comme ça elle avait la possibilité de surmonter sa timidité.

Pour conclure, il me reste de dire que la conversation avec Amanda m’a plu beaucoup en termes de la langue et du contenu. C’était intéressant de savoir ce qu’elle pensait sur la vie estudiantine, car c’est une affaire qui me concerne aussi. Je peux certainement dire que je m’identifie avec ses réponses et je partage son point de vue. Aller à l’université est pour moi, comme elle a dit, ‘un chemin’ aventureux qui me donne l’opportunité de développer et approfondir mon savoir. Et je veux également mentionner ici l’enrichissement spirituel. Puisque, faire des études ne consiste pas seulement en métriser une matière ou une science, c’est en effet une bonne occasion pour se préparer à la vie adulte.

 Observations langagières

Dans ce qui suit, je vais me concentrer sur la langue afin de décrire les caractéristiques les plus frappantes de notre conversation. D’abord il ne faut pas oublier qu’Amanda parle le suisse-romand, comme elle vient de Neuchâtel. Cela veut dire que son français diffère forcément du français de la France par l’accent. Je ne peux pas dire que j’ai concrètement aperçu des différences dans son vocabulaire, en fait rien ne me paraissais étonnant. Amanda a utilisé un langage très clair et compréhensible, sans employer d'expressions argotiques. On pourrait dire que son vocabulaire appartient à un usage quotidien et fréquent : sa façon de s’exprimer ne fait pas partie d’un registre spécial ou curieux.

Comme il s’est agi d’un reportage spontané, Amanda n’a pas eu de temps pour se préparer à l’interview. Alors elle a répondu à mes questions d’une manière improvisée, cause de marque naturelle  d’hésitation comme «euh» ou «bah». Ces particules de la langue montrent l’acte de réfléchir ce qui n’est pas évitable. En outre, il y avait quelques formules et mots qui apparaissaient régulièrement dans la parole de ma collègue comme : «Je dirais que», «disons que», ou l’adverbe «forcément». L’emploie d’une forme conditionnelle peut souvent signifier la supposition ou l’improbabilité de ce que le locuteur veut exprimer. Cela montre aussi qu'une chose n’est pas encore figée ou, qu'on a une opinion. Dans le cas présent, cette combinaison hypothétique est plutôt une manière de commencer la phrase et pas nécessairement la preuve d’une incertitude.

Pour ce qui concerne l’usage constant de l’adverbe «forcément», on pourrait dire qu’il n’est pas toujours utilisé à cause de sa fonction sémantique, mais quasiment dans un sens explétif. Car quand un mot est fréquemment appliqué, il peut perdre sa valeur originelle et devenir ainsi insignifiant dans la phrase.

jeudi 30 octobre 2014

Chapitres 29-32, Nurgül

Le bain

Les jumeaux et la servante arrivent à la cure avec des sacs de nourriture. La servante se met immédiatement à laver les habits sales des jumeaux, en attendant elle les prie de se baigner. Mais comme les garçons ont honte de se déshabiller devant elle, ils hésitent. C’est alors la servante qui commence à se dévêtir et à se laver. Les jumeaux observent attentivement son corps nu et mûr. Après qu’elle a fini de se baigner, elle change l’eau pour les garçons. Les garçons, oubliant leur honte, se lavent aussi. Peu après, la servante leur coupe les ongles et les cheveux, pendant que leurs vêtements sèchent. Comme elle les adore tellement, elle les embrasse et les caresse à tel point qu’elle suce même leurs sexes. Les jumeaux qui restent indifférents au début, participent aussi après un moment. Quand ils veulent rentrer chez eux, elle leur dit de venir chaque samedi pour qu’elle puisse laver leurs habits sales.


Dans ce chapitre les garçons ne sont pas seulement confrontés à la sexualité, mais c’est aussi la première fois qu’ils la vivent physiquement. Ils font alors leur première expérience avec la servante, bien qu’ils l’aient déjà vue chez Bec-de-Lièvre. Ce qui frappe aux yeux, c’est le fait que les jumeaux ne refusent pas l’importunité de la servante. Ils participent même à ce jeu. La servante, évidemment, n’a pas conscience de commettre un crime avec deux mineurs.


Le curé

Le samedi suivant, les deux garçons vont de nouveau chez le curé pour prendre leur bain. La servante leur a fait des tartines. Ils se trouvent dans la cuisine quand le curé entre et les prie de l’accompagner dans sa chambre.  Là, il leur tend l’enveloppe avec l’argent pour Bec-de-Lièvre et sa mère. Ensuite, le curé demande aux jumeaux s’ils connaissent la Bible, ils disent qu’ils l’ont déjà lue. Ils ajoutent aussi qu’ils en savent même quelques passages par cœur. Cela étonne le curé, car il ne l’attendait pas.  À la fin de la conversation, les frères demandent au curé s’il peut leur apporter d'autres livres d’histoire et de géographie, car ils aiment lire. 


Ce chapitre montre encore une fois au lecteur combien  les garçons sont mûrs déjà . Ils ont lu la Bible et ont généralement une grande connaissance du monde. Ils se comportent plutôt comme des adultes que comme des enfants. Dans ce chapitre on peut également déceler une critique par rapport à la religion quand ils disent : « Nous aimerions lire d’autres livres que la Bible […] Des livres qui racontent des choses vraies, pas des choses inventées. » (p.82) Cette citation explicite que les jumeaux ne croient pas en Dieu, soit parce qu’ils ont vu beaucoup de cruauté, soit à cause de l’enfance qu’ils ne peuvent pas vivre comme ils devraient  eu avoir le droit à nos yeux.



La servante et l’ordonnance

Les frères et la servante sont en train de cueillir des cerises du jardin de la grand-mère, quand l’ordonnance et l’officier étranger arrivent. Tandis que l’officier va tout droit à sa chambre, l’ordonnance s’arrête pour parler avec eux. Après un moment, la servante admet qu’elle aime bien l’officier, mais lui, il l’ignore. Comme l’ordonnance doit nettoyer la chambre de l’officier, il demande l’aide des autres. Les jumeaux se mettent aussi à la nettoyer, quand ils doivent soudainement quitter la chambre. La servante et l’ordonnance ayant flirté beaucoup, commencent à passer à l'acte. Les garçons qui veulent savoir ce qui se passe dedans, les observent par les trous dans le galetas. À partir de ce jour-là la servante revient souvent pour répéter ce qu’elle a fait avec l’ordonnance.


Ce chapitre traite la relation sexuelle entre la servante et l’ordonnance. Quoiqu’elle s’intéresse à l’officier, elle couche avec son ami. Ici, la thématique de la sexualité est encore une fois présente, bien que les jumeaux soient trop jeunes pour la comprendre. Comme ils n’ont personne qui puisse la leur expliquer, ils font connaissance abruptement avec la sexualit, forcés d'y assister par leur entourage.


L’officier étranger

Dans ce chapitre les jumeaux font connaissance avec l’officier. Comme il ne parle pas leur langue, il demande à l’ordonnance de traduire. Les garçons ont l’air très réservés au début et ils ne veulent pas lui répondre. L’officier dit ensuite qu’il les admire à cause de leur force et veut savoir pourquoi ils se frappent mutuellement. Les frères lui expliquent  alors leur exercice d’endurcissement. Après cela, l’officier emmène les enfants à sa chambre où il les fait asseoir sur ses genoux et les caresse doucement.  Ensuite, il leur tend deux cravaches et ordonne qu’ils le frappent. Les garçons commencent à frapper d’abord son dos et ensuite son corps entier nu à toute force, sans hésiter une seule fois. Ils s’arrêtent quand l’officier pousse un  fort à la fin.


Ce chapitre est particulièrement important à cause de ce qui se passe entre l’officier et les jumeaux. L’officier caresse les garçons, il s'avère être pédophile.Ce qui est encore bizarre, c’est qu’il se laisse fouetter par eux. Ici, on pourrait presque parler d’une préférence sexuelle extraordinaire ou bien de masochisme. C’est pour les frères de nouveau une confrontation brutale avec la sexualité, mais surtout avec des désirs sexuels étranges qui nous montrent une soumission volontaire de l’officier, lui qui incarne la force et la victoire.  Cela révèle le paradoxe entre ce qu’il désire sexuellement et ce qu’ilest.

jeudi 9 octobre 2014

Traduction Nurgül


Lettre à Franz Xaver Kappus

1Paris, le 17 février 1903

Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me demandez. Avant, vous avez demandez aux autres. Vous les envoyez aux magasins. Vous les comparez avec des autres poèmes  et vous vous inquiétez quand certaines rédactions refusent vos tentatives. Maintenant, (comme vous m’avez permis de vous conseiller) je vous prie d’abandonner tout cela. Personne ne peut vos conseiller et aider, personne. Il y a qu’un seul moyen. Entrez en vous-même. Cherchez la raison qui vous fait écrire ; demandez-vous si vous devriez mourir, s’il serait 2interdit à vous d’écrire. Demandez-vous : Dois-je écrire ? Si vous pouvez répondre à cette question par un fort et simple « je dois », dons constituez votre vie après cette nécessité. Alors, approchez-vous de la nature. Ensuite, essayez de dire, comme le premier homme, ce que vous voyez, aimez et perdez. N’écrivez pas des poèmes d’amour. Evitez d’abord les formes qui sont trop courantes et ordinaires, elles sont les plus difficiles.  Décrivez vos tristesses et souhaits. Vos pensées, votre foi. Décrivez tout cela avec une sincérité et utilisez pour vous exprimer les choses de votre entourage, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l’accusez pas ; accusez vous-même, dites à vous  que vous n’êtes pas suffisamment un poète, d’appeler ses richesses. Car, pour le créateur il n’y a pas de pauvreté et pas un lieu pauvre et indifférent. 3Et si vous étiez même dans une prison vous auriez toujours votre enfance, cette royale richesse délicieuse, ce trésor des mémoires.

Explications :

Ecrire la date et l’indication du lieu1 
On écrit d’abord le lieu et ensuite la date avec l’article définit, masculin. L’année se place à la fin. On sépare le lieu et la date avec une virgule


Verbe2
Interdire à qn de faire qch


Phrase conditionnelle3 
Si + imparfait + conditionnel 1,
Ex : « […] si vous étiez […] vous auriez […] »