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mercredi 26 novembre 2014

Traduction Filiz

Une histoire de contrebandier

L’écrivain suisse Rodolphe Töpffer raconte dans une de ses nouvelles, qu’il avait fait comme jeune homme une excursion aux montagnes près de la frontière française, dans une région où il y avait des contrebandiers. Tout le monde sait que les contrebandiers sont des gens dangereux et que c’est mieux éviter leur chemin. Töpffer était en grande peine et se demandait ce qu’il devrait faire s’il rencontrait des contrebandiers. On lui avait raconté de la vallée qu’il parcourait, une histoire bizarre et on avait même prétendu que l’anecdote serait vraie.
Dix-huit contrebandiers voulaient apporter des sacs pleins de poudre à la France et espéraient gagner beaucoup d’argent comme ça. Ils suivaient un chemin esseulé et montaient prudemment en haut pour atteindre le col. Quand ils avaient presque1 atteint le col, le dernier homme s’arrêta2 tout à coup. Il s’étonnait pourquoi son sac devenait de plus en plus facile. C’est pourquoi il a voulu regarder s’il perdait un peu de sa charge. Il a vu que son sac avait un trou et qu’une longue trace de poudre montrait le chemin qu’ils avaient pris. Ils se sont assis sur leurs sacs, ont lessivé leurs fronts et ont bu de l’eau-de-vie ensemble. 3

Explications de grammaire

              1.     Les adverbes de mesure sont placés devant le participe passé

              2.     Une action nouvelle qui interrompt une action courante demande le passé simple

              3.     Actions qui se succèdent dans le passé demandent le passé composé

Personnage principal

Rodolphe Töpffer est né en 1799 à Genève et mort en 1846 dans la même ville. Il était un pédagogue, écrivain, politicien et auteur de bande dessinée suisse (il est considéré comme le créateur de la bande dessinée). En tant qu’écrivain Töpffer était influencé par Molière, Racine, Virgile, Tacite et Jean-Jacques Rousseau.


jeudi 30 octobre 2014

Traduction Marina

L’identité

Un hôtel dans une petite ville au bord de la mer en Normandie qu’ils avaient trouvé par hasard dans un guide. Chantal était arrivée vendredi soir pour y passer une nuit seule, sans Jean-Marc qui, le jour suivant, voulait suivre vers midi. Elle posa sa valise dans la chambre, sortit et retourna au hôtel-restaurant après une promenade dans des rues inconnues. A sept heures et demie la salle était encore vide. Elle s’assit à une table et attendit que quelqu’un la notait. De l’autre côté, auprès de la porte de cuisine, il y avait deux serveuses qui étaient absorbées dans une discussion. Comme Chantal détestait crier à voix haute, elle se leva, passa la salle et s’arrêta à côté d’eux. Mais elles étaient trop occupées avec leur thème.
- Je te dis, cela dure déjà dix ans. Je connais la famille. C’est affreux. Et il n’y a pas de trace. Aucune. La télévision a informé là-dessus.
- Qu’est-ce que lui est passé ?
- On ne peut pas se l’imaginer1. C’est trop terrible.
- S’il s’avait agit d’un meurtre, on aurait trouvé le corps lorsque on avait cherché dans tous les environs.
- Et un enlèvement ? Qui pourrait l’avoir enlever, et pourquoi ? Comme il n’avait pas beaucoup d’argent, on ne croirait à un enlèvement.
Les deux serveuses plaignirent le désespoir de la famille qui était présentée à la télévision.
- Peux-tu t’imaginer dans quel désespoir elle justement vive2?
Enfin elles remarquèrent Chantal.
- Connaissez- vous l’émission sur des disparus ? Perdue de vue s’appelle-t-elle.
- Oui, dit Chantal.
- Peut-être avez-vous vu3 ce qui est arrivé à la famille Bourdieu. Ils sont d’ici.
- Oui, c’est affreux, dit Chantal qui ne savait pas comme elle pouvait passer d’une discussion concernant une tragédie à la question triviale du repas.
Enfin la serveuse lui dit de s’asseoir, elle alla appeler le maître d’hôtel.
Sa collègue ajouta : « Imaginez-vous : quelqu’un que vous aimez disparaît et vous n’apprenez jamais ce qui se passe avec lui. C’est à devenir fou !
A peine Chantal revint-elle3 à sa place, le maître d’hôtel vint.


Explications grammaticales :

1)    Place et ordre des pronoms personnels doubles :
avant l’infinitif à si le verbe conjugé régit un autre verbe à l’infinitif

2) Ici on utilise le subjonctif à cause de l’inversion dans la question.


3) Lorsque l’adverbe peut-être et l’expression à peine sont placés en tête de phrase, ils entraînent l’inversion du verbe et du sujet pronominal. Cette inversion on la trouve plutôt dans la langue soignée et littéraire.

jeudi 23 octobre 2014

Traduction, Lukas Weber

1 - Traduction : 32 Ein wichtiger Tag (Un jour important)

a) C’était un lundi matin à six heures quand le grand branle-bas commença. Lavé, récuré – je failli me blesser le tympan – et, étant nourri copieusement de1 tartines, je mis ma chemise de marin. Paul porta de même une chemise toute neuve avec un col blanc rabattu duquel un nœud bleu ciel dépassait. Joseph me sembla un peu étranglé dans son amidonné – c’était toujours ainsi après les vacances -, pourtant, il avait bonne mine dans un complet gris-noir sur lequel une cravate socialiste en soie rouge brillait.
Ma mère nous avait prévenus qu’elle ne pourrait pas2 nous accompagner car la petite sœur ne disposait pas d’une robe appropriée pour l’occasion. Cela m’arrangeait fort bien puisque je craignais de me ridiculiser quand j’entrerais au lycée comme un moribond à la tête de toute ma famille.
Donc, nous partîmes tous les trois vers sept heures et demie. Je marchais sur la droite de Joseph alors que Paul s’accrochait à sa main gauche.
Mon cartable, qui tirait mes épaules en arrière, me faisait une poitrine avantageuse et mes talons neufs claquaient sur le pavé sur lequel il y avait encore les poubelles du matin.
En passant, mon père attira mon attention sur les noms des rues pour que je pusse3 trouver le trajet du retour. Ma mère m’attendrait le soir après la fin des cours, mais dès le matin il faudrait que je navigue tout seul entre le lycée et le toit familial, ce qui me faisait un peu peur.

b) 1 de ou des ? Selon ce qu’on aimerait exprimer on peut utiliser de ou des. Dans ce contexte, il est plus sage d’utiliser de pour accentuer le fait que le personnage a mangé beaucoup de tartines. àDonne une valeur indéfinie ! Si on mettait des il faudrait, par exemple, une proposition subordonné dans la phrase comme : […], étant nourri copieusement des tartines que maman a préparées. Ce sont ici des tartines spécifiques.
2 Problème de concordance de temps : le plus-que-parfait dans la proposition principale demande l’application du conditionnel dans la proposition subordonnée.
3 La conjonction pour que demande le subjonctif. Comme tout est au passé, il faudrait aussi utiliser le subjonctif imparfait. Mais, de nos jours, le subjonctif présent est également accepté.


c) Le personnage principal nous raconte ici l’histoire de la cérémonie de la rentrée au lycée et toutes les préparations qui la précèdent. Le récit est raconté à la première personne du singulier, donc on a affaire à la focalisation interne. Cela a pour conséquence qu’on ne connait pas le nom du personnage principal puisqu’il ne le mentionne pas.

mardi 21 octobre 2014

Traduction Jana (version révisée)

Le poids du monde

Hier j’ai rencontré une femme qui m’a dit qu’elle m’avait vu il y a dix ans, très maigre avec un pantalon de velours. C’était une femme qui avait été partout et avait fréquenté partout les gens du pays pour connaître leurs modes de vie. Aussi, elle avait fait tout ce qu’il faut faire quant à la mode. Maintenant elle était ici dans la capitale pour « prendre des contacts pour un garçon que je connais depuis longtemps ». Elle habite à la campagne avec un physicien et un sociologue ; ils possèdent une poule qui pond un œuf de temps à temps. Tout à coup j’avais envie de boire un schnaps, sur quoi elle voulait acheter de salade et un avocat. Elle avait la manie de toujours raconter tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle était en train de faire et tout ce qu’elle voulait faire ; et quand je l’ai demandée si elle n’était pas paresseuse quelquefois, elle s’est indignée sérieusement, et je lui ai dit qu’il était dommage de voir combien de gens inoccupés faisaient état immédiatement et continuellement de leurs innombrables occupations. Puis je lui ai raconté l’histoire de R. Mitchum et sa piscine et que je préférais, comme lui, de répondre à tous ceux qui me demandaient ce que j’étais en train de faire :

« Rien. Je suis couché à côté de ma piscine, comme toujours. » Je me suis éloigné vite de la femme et je lui ai dit que peut-être on se reverrait dans dix ans. Après, j'avais pitié d'elle mais jusqu’à présent je ne sais pas comment aider les gens à se trouver et rencontrer les autres. Peut-être en leur donnant une gifle.  
                                                (d’après P. Handke, dans Le poids du monde, un journal)

Explications de grammaire

1)   Dans les subordonnés avec le même sujet, il faut, différent à l'allemand, quand même répéter ce sujet (tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle était en train de faire et tout ce qu’elle voulait faire).

2)   Il faut utiliser le passé composé si c’est une action et l’imparfait pour les descriptions ou des actions réitérées. Ex : « Je lui ai dit (action) qu’il était dommage […] (description d’une situation). »

3)   Quand on utilise le passé composé et le COD se trouve avant le verbe conjugué, il faut accorder le participe passé. Ex : « Je l’ai demandée »


Quelques mots sur Peter Handke


Le texte traduit a été écrit par Peter Handke qui est un écrivain et traducteur autrichien, né en 1942.  Le poids du monde est son journal qu’il a écrit entre novembre 1975 et mars 1977. La base pour ce journal consistait en 14 carnets de ses expériences personnelles adaptés pour publier Le poids du monde. Handke est un écrivain controversé, puisqu’il a pris une position nationaliste pour les Serbes pendant les guerres de Yougoslavie.