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jeudi 29 janvier 2015
Performer - Anna, Laila, Valérie
Performance - A common misconception
Pour notre petite vidéo, nous nous sommes servies de plusieurs points d'inspiration. Ceux-ci seront présentés l'un après l'autre sur les lignes suivantes.
D'un côté, nous sommes parties des publicités d'aujourd'hui - comment le suspense est-il construit, quels sont les points importants représentés?
Nous étions d'accord sur le fait que dans les publicités que nous visionnons aujourd'hui, le produit n'est pas le seul point d'intérêt - les images représentent un certain lifestyle, un style de vie, d'un côté entourant le produit, mais voulant inciter le spectateur à s'insérer dans ce monde. Nous avons donc décidé de nous servir de cette idée de 'monde' et pour ce, de structurer notre performance en trois lieux de représentation.
Une chose importante pour nous était de trouver une forme de jeu avec la langue. En disant une chose, veut-on vraiment parler de celle-ci? Ou transmettre un tout autre message? Qu'attend le spectateur, comment participe-t-il?
Et pour conclure, mais sans en dire trop car ce serait gâcher l'extrait - après le jeu sur le contenu d'un énoncé verbal, nous avons cherché à jouer avec le non-verbal. Qui, accompagné d'images, transmet tout autant un message que le verbal. Ou même, serait-il plus clair, car non-commenté?
FILMLI :)
Pour notre petite vidéo, nous nous sommes servies de plusieurs points d'inspiration. Ceux-ci seront présentés l'un après l'autre sur les lignes suivantes.
D'un côté, nous sommes parties des publicités d'aujourd'hui - comment le suspense est-il construit, quels sont les points importants représentés?
Nous étions d'accord sur le fait que dans les publicités que nous visionnons aujourd'hui, le produit n'est pas le seul point d'intérêt - les images représentent un certain lifestyle, un style de vie, d'un côté entourant le produit, mais voulant inciter le spectateur à s'insérer dans ce monde. Nous avons donc décidé de nous servir de cette idée de 'monde' et pour ce, de structurer notre performance en trois lieux de représentation.
Une chose importante pour nous était de trouver une forme de jeu avec la langue. En disant une chose, veut-on vraiment parler de celle-ci? Ou transmettre un tout autre message? Qu'attend le spectateur, comment participe-t-il?
Et pour conclure, mais sans en dire trop car ce serait gâcher l'extrait - après le jeu sur le contenu d'un énoncé verbal, nous avons cherché à jouer avec le non-verbal. Qui, accompagné d'images, transmet tout autant un message que le verbal. Ou même, serait-il plus clair, car non-commenté?
FILMLI :)
mardi 20 janvier 2015
5 - Performer, Lukas Weber
Extrait de l’acte 2 – Scène 5 ou la
scène du « LE »
ARNOLPHE, bas, à part.
Tout cela n'est parti que d'une âme
innocente
Et j'en dois accuser mon absence
imprudente,
Qui sans guide a laissé cette bonté de
moeurs
Exposée aux aguets des rusés séducteurs.
Je crains que le pendard, dans ses voeux
téméraires,
Un peu plus haut que jeu n'ait poussé
les affaires.
AGNES
Qu'avez-vous? Vous grondez, ce me
semble, un petit.
Est-ce que c'est mal fait ce que je vous
ai dit?
ARNOLPHE
Non. Mais de cette vue apprenez-moi les
suites,
Et comme le jeune homme a passé ses
visites.
AGNES
Hélas! si vous saviez comme il était
ravi,
Comme il perdit son mal sitôt que je le
vi,
Le présent qu'il m'a fait d'une belle
cassette,
Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et
Georgette,
Vous l'aimeriez sans doute, et diriez
comme nous...
ARNOLPHE
Oui, mais que faisait-il étant seul avec
vous?
AGNES
Il disait qu'il m'aimait d'une amour
sans seconde,
Et me disait des mots les plus gentils
du monde,
Des choses que jamais rien ne peut
égaler,
Et dont, toutes les fois que je
l'entends parler,
La douceur me chatouille, et là dedans
remue
Certain je ne sais quoi dont je suis
tout émue.
ARNOLPHE, bas, à part.
O fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le
mal!
(Haut.)
Outre tous ces discours, toutes ces
gentillesses,
Ne vous faisait-il point aussi quelques
caresses?
AGNES
Oh! tant! il me prenait et les mains et
les bras,
Et de me les baiser il n'était jamais
las.
ARNOLPHE
Ne vous a-t-il point pris, Agnès,
quelque autre chose?
(La voyant interdite.)Ouf!
AGNES
Eh! il m'a...
ARNOLPHE
Quoi?
AGNES
Pris...
ARNOLPHE
Euh?
AGNES
Le...
ARNOLPHE
Plaît-il?
AGNES
Je n'ose,
Et vous vous fâcherez peut-être contre
moi.
ARNOLPHE
Non.
AGNES
Si fait.
ARNOLPHE
Mon Dieu! non.
AGNES
Jurez donc votre foi.
ARNOLPHE
Ma foi, soit.
AGNES
Il m'a pris... Vous serez en colère.
ARNOLPHE
Non.
AGNES
Si.
ARNOLPHE
Non, non, non, non. Diantre! que de
mystère!
Qu'est-ce qu'il vous a pris?
AGNES
Il...
ARNOLPHE, à part.
Je souffre en damné.
AGNES
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez
donné.
A vous dire le vrai, je n'ai pu m'en
défendre.
ARNOLPHE, reprenant haleine.
Passe pour le ruban. Mais je voulais
apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser
les bras.
AGNES
Comment! est-ce qu'on fait d'autres
choses?
ARNOLPHE
Non pas.
Mais, pour guérir du mal qu'il dit qui
le possède,
N'a-t-il point exigé de vous d'autre
remède?
(Source du texte : http://clicnet.swarthmore.edu/litterature/classique/moliere/ef/ef.II.5.html.
Consulté le 20.01.2015)
L’œuvre « L’école des femmes »
est une comédie en alexandrins de Molière jouée la première fois au théâtre du
Palais-Royal le 26 décembre 1662. Cette pièce était à l’époque très controversé et suscita une série de
débats connu sous le nom de « Querelle de l’école des femmes ».
Ce dialogue est aussi important parce
que Arnolphe et le spectateur pensent à tort qu’Agnès parle du « le »
dans un sens sexuel qui fait allusion au mot « pucelage ». Mais au
grand soulagement d’Arnolphe, Agnès est encore vierge. A cette époque, il était
exceptionnel de parler du sexe au théâtre.
Cette scène fait surtout une chose : elle nous fait remettre en question
la situation des femmes à l’époque. Il y avait des mariages arrangés et les
femmes étaient souvent gardées stupides pour faire en sorte qu’elles obéissent
aux maris. Cette pièce nous montre que les sentiments sont à la fin plus forts
que la raison et Arnolphe cède sa place à Horace.
En effet, outre la référence à « L'École
des maris », « L'École des femmes » pouvait être comprise par le
spectateur des années 1660 comme une allusion à « L'École des filles »,
dialogue érotique de 1655 écrit par Michel Millot et immédiatement interdit,
mais dont des copies clandestines circulaient sous le manteau. Cet ouvrage est
considéré comme le premier roman sur le libertinage (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89cole_des_filles.
Consulté le 20.01.2015).
La scène du le n’est pas la seule scène
obscène. Il y a plusieurs allusions obscènes comme celle d’Alain :
« La femme est en effet le potage de l’homme ; et quand un homme voit
d’autres hommes parfois, Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
il en montre aussitôt une colère extrême. » Acte 2, Scène 3, v. 436-39.
Après tout, la scène du « le »
soulève aussi la question sur le rôle des femmes et de leur éducation. Cette
question reste actuelle dans notre société. Il y a des différences dues à la
biologie entre les femmes et les hommes. Cela est évident. Mais déjà l’exemple
du cours de gymnastique nous montre que nous ne pouvons pas toujours traiter et
éduquer les hommes et les femmes de la même manière sinon aucun des deux n’aurait
de plaisir en participant à ce cours. Quelle est donc l’éducation optimale pour
les femmes afin qu’elles puissent vivre une vie égale en droits ? Et qu’en
est-il des hommes ?
jeudi 11 décembre 2014
Performance Luana et Jana (version révisée)
Présentation du dialogue et de son auteur:
Pour la 5ème tâche nous avons cherché un
dialogue et nous l‘avons trouvé sur le site internet suivant. (https://francebienvenue1.wordpress.com/about/)
Sur ce site, tous le monde peut apprendre
le français comme langue étrangère.
Il s‘agit d‘un groupe d‘étudiants qui
élabore chaque semaines des conversations authentiques avec lesquelles nous
pouvons entraîner l‘oral. Pour notre tâche nous avons modifié un dialogue qui
est sur ce site. (Le dialogue: https://francebienvenue1.wordpress.com/2014/01/18/pour-ses-beaux-yeux/)
Dialogue: Pour tes beaux yeux
Transcription:
J: Jana
L: Luana
L: Bon, Jana, nous avons parlé l‘autre
jour du fait qu‘on fait la même chose, entre autre, le matin dans la salle de
bain. On met des lentilles avant de sortir, n‘est-ce pas?
Mais alors, depuis quand tu portes des
lentilles?
J: Oui c’est ça. Je les porte depuis cette
année, c’est tout récent alors. J’ai encore des difficultés à les mettre.
L: Ah, oui. C‘est très difficile de les
mettre en... eh sur ? Sur les yeux. Comment on dit ? Sur ou dans?
J: Sur les yeux, oui. Jusqu’à l’année
dernière j’arrivais même pas à les mettre mais maintenant ça va mieux.
L: Eh oui, alors depuis quand tu portes
des lunettes?
J: Les lunettes… euh depuis… Je les ai
portées depuis le CP.
L: Alors, tu es myope ou presbyte?
J: Myope.
L: Donc, tu ne vois pas au loin?
J: Oui exactement. Je ne vois pas au loin
sans lunettes, donc il fallait toujours les mettre.
L: Oui, je te comprends. Tu en as marre
des lunettes.. C‘est ça?
J: Bon… ma … ma vue s’est aggravée en
fait. Je… au début c’étaient des lunettes de repos mais donc… comme ma vue
s’est aggravée, je préférais des lentilles, c’est moins gênant ainsi.
L: Alors c‘est mieux de sortir avec les
lentilles?
J: Ah oui, c’est moins gênant et plus
pratique surtout !
L: Et oui, je ne sais pas, mais chez moi,
ça corrige vraiment très bien. On voit vraiment très bien.
J: Tout à fait, moi aussi, je vois très
bien avec les lentilles !
L: Alors, c‘est magnifique!
J: Tout à fait.
L: Alors tu as deux choses en même temps.
Tu vois bien et c‘est plus pratique, plus beau aussi.. On voit mieux tes beaux
yeux ;)
J: Ouais… et le sport. Surtout pour le
sport c’est plus pratique. Pour le sport de combat en fait, c’est trop
dangereux de porter des lunettes, mais sans lunettes donc je vois rien !
C’était toujours un problème pour moi mais maintenant avec les lentilles… ça va
super bien !
L: Ah, oui. Le sport. Depuis que je danse,
je ne peut plus aller aux entraînements sans mes lentilles. Les lunettes
tombent toujours et puis je ne peux pas bouger comme je veux.
J: Voilà c’est ça.
L: Et oui, quand on a eu des cours de
sport au lycée. Avec les lunettes on risquait de casser les verres en cas de
collision avec un ballon...
J: Oui je te comprends.. on peut même se
blesser.
L: Et comment tu fais le soir? Tu les mets
dans un liquide ou as-tu des lentilles pour un jour?
J: Non non je n’ai pas de lentilles pour
un jour. Je les mets dans un produit… euh je les trempe dedans et puis je les
mets directement sur les yeux.
L: Ah, oui. Intéressant. J‘ai les deux.
Des lentilles pour un jour et des lentilles pour un an même. Mais les produits
coûtent vraiment cher.
J: C’est vrai… il est cher le produit..
Mais chez moi ma mère le paye… le produit.
L: Moi, je dois le payer moi- même..
J: Ah oui c’est cher donc… mais je crois
que ça vaut la peine pour les lentilles.
L: Mais, j‘ai aussi des lunettes... Pour
reposer les yeux de temps en temps . Toi aussi?
J: Oui oui bien sûr. Moi aussi ... euh
j’ai des lunettes de repos mais bon, je les porte seulement
chez moi, pas pour sortir.
L: Et oui... Aujourd‘hui on peut acheter
des lunettes bien en vogue. ;) Au jour d‘aujourd‘hui c‘est quelquefois plus en
vogue de mettre les lunettes que les lentilles. C‘est comme un accessoire.. Il
y a des gens qui achètent des lunettes qui ne corrigent pas pour être à la
mode.
J: C’est vrai… mais bon moi,
personnellement j’aime pas les lunettes, euh moi, je préfère les lentilles.
Pour des raisons pratiques mais aussi esthétiques.
L’importance de ce
dialogue
Le dialogue qu’on a
choisi est tiré d’une conversation de tous les jours dont le sujet touche
beaucoup de gens. Il s’agit d’un entretien sur l’usage et les problématiques
des lunettes et des lentilles avec lesquelles les gens qui les portent sont
confrontés régulièrement au quotidien quant au sport, aux finances et à la
mode. Bien que le dialogue soit imité, la thématique est aussi réelle qu'actuelle et se présente donc d'une manière authentique.
jeudi 4 décembre 2014
Performance, Nurgül
L’Étranger (1942), Albert Camus
L’Étranger est un roman de fameux écrivain
et philosophe Albert Camus, un représentant important de la littérature française
et l’existentialisme du XXième siècle. A l’époque, ce roman avait joui d’un
grand succès, qui se maintient jusqu’à aujourd’hui, une lecture obligatoire dans les écoles. Albert Camus a provoqué une rupture dans
la littérature française, car il a été l'un des premiers auteurs qui ont utilisé le passé composé dans un roman. L’œuvre
thématise la vie du protagoniste Meursault qui se termine avec la condamnation à mort. Meursault est un jeune homme qui vit dans Algérie des années 30. On n’a pas beaucoup d’indications sur son aspect physique, car il n'est jamais décrit. Cependant, on sait qu’il travaille comme fonctionnaire dans un bureau
et mène pratiquement une vie routinière dans laquelle des aventures amoureuses
jouent également un rôle important. La caractéristique la plus frappante est l’indifférence omniprésente du protagoniste.
Il se montre indifférent à la mort de
sa mère, au sexe et jusqu'à la prononciation de la mort. Par les premières phrases déjà, on a l’impression que tout lui
est égal. Cette caractéristique intentionnellement choisie expose la théorie de
l’absurdité, un domaine
philosophique auquel se dévouait l’écrivain. Meursault est en fait
l’incorporation de l’homme absurde.
Le style
Comme le contenu le style de ce roman est d'un grand intérêt. Albert Camus se sert d’une langue assez
sèche, froide et sans émotions. Les phrases sont minimalistes et plutôt
descriptives. L’auteur a écrit ce roman comme si c’était un journal intime pour mieux montrer le
désintérêt lourd que voue au monde sur le protagoniste. Il s’éloigner de toutes sortes des émotions et le texte obtient
ainsi un air neutre.
L’Étranger (1942), Albert Camus
Première partie
Aujourd'hui, maman est morte. Ou
peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile :
« Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne
veut rien dire. C'était peut-être hier.
L'asile de vieillards est à
Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux
heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je
rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne
pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air
content. Je lui ai même dit : « Ce n'est pas de ma faute. » Il
n'a pas répondu. J'ai pensé alors que je n'aurais pas dû lui dire cela. En
somme, je n'avais pas à m'excuser. C'était plutôt à lui de me présenter ses
condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en
deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman n'était pas morte. Après
l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu
une allure plus officielle.
J'ai pris l'autobus à deux
heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme
d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a
dit : « On n'a qu'une mère. » Quand je suis parti, ils m'ont
accompagné à la porte. J'étais un peu étourdi parce qu'il a fallu que je monte
chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu
son oncle, il y a quelques mois.
J'ai couru pour ne pas manquer le
départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de tout cela sans doute, ajouté
aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la route et du ciel, que
je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me
suis réveillé, j'étais tassé contre un militaire qui m'a souri et qui m'a
demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » pour n'avoir plus à
parler.
L'asile est à deux kilomètres du
village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais
le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il
était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé
et ensuite, j'ai vu le directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était un
petit vieux, avec la Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs. Puis
il m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment
la retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : « Mme Meursault est
entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J'ai cru qu'il
me reprochait quelque chose et j'ai commencé à lui expliquer. Mais il m'a
interrompu : « Vous n'avez pas à vous justifier, mon cher enfant.
J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il
lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle
était plus heureuse ici. » J'ai dit : « Oui, monsieur le
Directeur. » Il a ajouté : « Vous savez, elle avait [12] des
amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont
d'un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous. »
Source :
Albert Camus, L’Etranger, Reclam
(2003), p.3-5
Le pastiche
Je vais
modifier cette partie initiale de l’étranger afin de
lui donner une marque différente. J’ai choisi le début du
roman puisque on y voit très bien l’indifférence
que je viens de mentionner. Ce trait de caractère m'étonne tellement que je vais m'y confronterque. Dans ce qui suit je vais prétendre
être Meursault et je vais m’imaginer comment je réagirais si je perdais ma
mère. Je vais renverser les réactions de Meursault et les rendre moins froides. En
outre, comme l’intrigue se déroule dans les années 30, je vais actualiser
l’œuvre en la transposant à notre temps. Néanmoins, je vais essayer de garder
le style non orné de Camus et la plupart des phrases originales.
L’Étranger, Version modifiée
Aujourd’hui maman est morte. Ou
peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un coup de téléphone de
l’asile : «Monsieur Meursault, nous sommes vraiment désolés de vous dire
que votre mère ait décédée, venez faire vos adieux demain.»
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il m’a donné son approbation. Il avait l’air vraiment triste quand je lui ai raconté que maman était morte. Je lui ai même dit : «Ce n’est pas de notre faute.» Il a répondu par un «oui» fatigué. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. Je ne savais pas que sa mère était morte aussi récemment. En somme, je ne savais pas si je devais m’excuser ou pas. Pourtant, c’était très gentil de sa part qu’il m’ait présenté ses condoléances. J’ai enfilé des vêtements de deuil dès qu’ ils m’ont appelé de l’asile. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte, je ne le comprends toujours pas. Je pense qu’après l’enterrement, je réaliserais certainement qu’elle s’en est allée pour toujours.
J'ai pris l'autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a dit : « On n'a qu'une mère. » J’ai dit: « Tu as raison et j’ai dû pleurer après ses mots.» Quand je suis parti, ils m'ont accompagné à la porte. J'étais un peu étourdi parce que je ne savais pas comment composer avec cette douleur que ma mère avait laissée derrière.
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il m’a donné son approbation. Il avait l’air vraiment triste quand je lui ai raconté que maman était morte. Je lui ai même dit : «Ce n’est pas de notre faute.» Il a répondu par un «oui» fatigué. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. Je ne savais pas que sa mère était morte aussi récemment. En somme, je ne savais pas si je devais m’excuser ou pas. Pourtant, c’était très gentil de sa part qu’il m’ait présenté ses condoléances. J’ai enfilé des vêtements de deuil dès qu’ ils m’ont appelé de l’asile. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte, je ne le comprends toujours pas. Je pense qu’après l’enterrement, je réaliserais certainement qu’elle s’en est allée pour toujours.
J'ai pris l'autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m'a dit : « On n'a qu'une mère. » J’ai dit: « Tu as raison et j’ai dû pleurer après ses mots.» Quand je suis parti, ils m'ont accompagné à la porte. J'étais un peu étourdi parce que je ne savais pas comment composer avec cette douleur que ma mère avait laissée derrière.
J'ai couru pour ne pas manquer le
départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de tout cela sans doute, ajouté
aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la route et du ciel, que
je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me
suis réveillé, j'étais tassé contre mon voisin qui m'a souri et qui m'a
demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » et nous avons parlé
un peu. Après cette petite conversation j’ai pris congé poliment et je me suis
mis en route.
L'asile est à deux kilomètres du
village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais
le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il
était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge m’a
parlé des nouveautés de Marengo pour me faire oublier la perte de ma
mère. Car il savait combien je l’aimais. Ensuite, j'ai vu le
directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était un petit vieux, avec la
Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs et compatissants. J’ai
pensé alors qu’il avait dû voir que j’avais pleuré pendant tout le chemin.
Puis il m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop
comment la retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : « Mme
Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J'ai
hoché la tête silencieusement. Après il a ajouté: « Je sais
que vous aviez une relation très intime, mon cher enfant. Ne vous faites
pas des reproches. J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez
subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et
tout compte fait, elle était vraiment heureuse ici. » J'ai
dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajouté :
« Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait
partager avec eux des intérêts qui sont d'un autre temps. Vous êtes jeune et
elle devait s'ennuyer avec vous. »
__ *modifié par moi
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