mardi 18 novembre 2014

Voir - Ecouter, Alessandra















Interview à Silvio Berlusconi par Jean-Pierre Elkabbach de Europe1.

Synthèse.
L’interview de Silvio Berlusconi par Jean-Pierre Elkabach date de la fin du 2013. A ce moment-là, Enrico Letta est le Président du conseil italien des ministres tandis que Berlusconi (impliqué dans différents procès pour corruption, fraude fiscale et prostitution de mineurs) est momentanément disparu de la scène politique italienne, à cause d’une loi du gouvernement précédent, celui de Mario Monti, qui avait décrété l’interdiction de l'exercice de la fonction publique dans le cas de  condamnations pour certains crimes (administratif ou pénal). Comme il n’est pas résigné à rester à l’écart, Berlusconi se plaint de la sentence d’interdiction, prononcée, selon lui, à toute vitesse. Quand le journaliste lui demande s’il reste encore le chef de son parti, Berlusconi répond que son leadership n’est pas en discussion et que ses partisans, à travers la fondation de 12000 clubs de Forza Italia sur tout le territoire italien, ont l’intention de s’assurer la fidélité des citoyens pas encore passés à la gauche. Il admet être en campagne électorale : son but est d’obtenir de nouvelles élections politiques nationales. Quand Jean-Pierre Elkabbach lui fait remarquer que Letta a obtenu la confiance des députés et que des élections anticipées peuvent mettre en cause la stabilité du pays, le Cavaliere répond qu'il est le seul Président du conseil qui a su gouverner pour une longue période en garantissant la stabilité. Le journaliste lui pose alors la question si la sentence d’interdiction a été un choc et Berlusconi réplique qu’il s’agit d’un coup d’état. Jean-Pierre Elkabbach lui demande si il faut considérer comme un coup d’état le fait de n’être pas d’accord avec Berlusconi ou le fait qu’on le punit. Le Cavaliere réplique qu’il y a un coup d’état quand un pays est gouverné par des hommes qui n'ont pas été élus. Quand le journaliste lui demande s’il a peur d’aller en prison, le politicien réplique que non et que, si le cas se présentait, il y aurait une révolution dans le pays. Il insiste sur sa condition de persécuté par le pouvoir des juges au service de la gauche. Le journaliste lui fait noter que le grand nombre de procès (57) dans lesquels il est impliqué ne peut pas être raisonnablement une pure coïncidence; Berlusconi répond qu'il a déposé un recours pour un de ses procès à la cour du Luxembourg. Quant aux soirées dans sa maison avec de jeunes prostituées, il se défend en disant qu’il s’agissait simplement de dîners élégants. A la question s'il garde un bon souvenir de Nicolas Sarkozy, le Cavaliere préfère ne pas répondre.    
    
Typologie.
L’extrait contient l’interview classique entre un journaliste et un politicien. Après les formules de politesse et les saluts, Jean-Pierre Elkabbach pose des questions qui ont un ordre précis de progression informationnelle. Indépendamment des réponses de son interlocuteur, passant d’un thème à l’autre, il sait très bien où il veut arriver. La question la plus importante, celle sur ce qu'est vraiment un coup d’état, implique un jugement sur l’aptitude de victime et d’arrogance de Berlusconi face à la justice italienne et à ses détracteurs.       

Transcription. 4 :48.
J : Silvio Berlusconi euh bonjour et merci de recevoir Europe un dans votre bureau (.) chez vous à Rome.
B : MeRci à vous Mr. El euh kabbach (.) meRci.
J : Est-ce que Silvio Berlusconi existe encore.
B : Je suis (.) là (.) je suis^encore (.) au tRavail h, je suis encore plein: euh de vie h (.) et je tRouve que votre demande (..) c’est mal posé(e).
J : ah bon°. Vous n’prenez pas votr’retraite. Vous n’abandonnez pas / l:e combat politique/
B : Absolument.
J : Est-ce que vous^envisagez de conduire votr’ parti aux prochaines^ élections européenne(s)?
B : J’espÈre avant euh de dire que je je suis pas dans la possibilité d’êtRe candidat /de (h) euh réussir/ dans peu de temps (.) à voir (.)  une révision (.) de la sentence (.)  politique absolument injuste et qui a été euh la fin: d’un parcours incroyable (.) comme vitesse parce que en houit mois quand normalement avec la justice italienne on a besoin d’avoir houit ans (.) minimumm.
J : Mais euh aujourd’hui vous n’êtes plus sénateur/ (.) vous n’êtes plus élu/ Est-ce que vous restez le chef de votre parti.
B : Oui, sans doute / Je s suis et je serai encore président de mon parti / Maintenant il:s^ont demandé mes supporters de les appeler « Forza Silvio » avec ces 12000 club(s)/ euh on a l’intention de (.) produire une effort de con: de promotion de conviction vis-à-vis de les vingt-quatRe millions euh d’italien:(s)/ qui ont la possibilité de voter/ et qui n’ont (.) sont pas^encore euh dévoués (.) à la gauche.
J : Est-ce que euh vous^êtes donc (.) en campagne électorale et politique (.) maintenant.
B : Oui.
J : Est-ce que vous réclamez des élections anticipées en effet.
B : Oui. On a besoin maintenant de laisser euh ce qui se passe en Italie aves un gouvernement qui n’est plus le gouvernement élu (.) par le peuple/ et on a euh la date (.) le vingt-quatRe de may. pour les élections pouR l’Europe/ et euh nous demandons d’avoir la possibilité/ dans le même jour d’avoir des élections (.) pour l’Italie.
J : C’t à dire européennes/ et des^élections nationales.
B :                                       [et/]                                     [nationales.]
J : Mais vous vous critiquez le gouvernement mais mercredi à Rome EnRico Letta euh a obtenu un vote de confiance des députés.
B :                                                                [oui euh.]
 J :                                                                                  euh est-ce que vous pensez que ce gouvernement peut tenir.
B : Non (.) je pense que ce gouvernement n’a pas tenu euh les choses qu’il avait promis/ aux gens/
J : Mais est-ce que j’ peux vous dire qu’avec des élections anticipées (.) est-ce que vous n’augmentez pas l’instabilité la fragilité de l’Italie. (..) et de l’Europe.
B : Je pense que euh ce fait de l’instabilité c’est quelque chose qu’on a voulu mettRe euh sur la table mais qui n’existe pas en Italie on a eu (.) dans les précédents cinquante ans au jour de (.) dans lequel je suis descendu sur le terrain: (.) on a eu quelque chose comme des gouvernements (.) qui changeaient (.) chaque (.) onze (.) mois (.) Je suis le citoyen:^italien: qui a été pur plus de temps au gouveRnement.
J : Pourtant (.) Silvio Berlusconi vous n’avez pas pu empêcher le sénat et les sénateurs italiens de voter votre déchéance (.) (h) quand vous l’avez ressenti. est-ce que ça vous^a fait un choc. Ou vous vous y attendiez/ (.) est-ce que vous avez été
B :                                         [h Non non non on était euh]
J :                                                                                  [euh on vous a dit je l’ai mérité aussi.]
B : Non hhh je le méRité (.) c’est exactement le contRaire. C’est (.) quelque chose qui on peut bien nommer Coup (.)d’Etat. Le parti communiste voulait à partir de quatRe-vingt-douze avoir la possibilité de prendr’ le pouvoir (.) définitivement/ (.) J’ai euh (.) eu la possibilité de ne le pas (.) RendRe possible et maintenant il euh
J :                                                                    [Mais vous n’avez pas pu réformer la justice. vous n’avez pas pu réformer la justice.
B :                                                          [parc’ que] (.)
J :                                                                          [Est-ce que ça veut dire que quand on n’est pas d’accord avec S:ilvio Berlusconi et quand on le punit/ on a tort ou on fait un coup d’état parce que c’est grave de dire un coup d’état.
B. : Non  non c’est euh (.) on a pas eu seulement un coup d’état. a partir de il y a vingt ans on a eu quatRe coups (.) d’état. Qu’est-ce que c’est un coup d’état selon moi/ C’est quand (.) un pays (.) n’est pas (.) gouverné (.) par euh les hommes élus par le peuple.
Analyses grammaticales.
L’interview nous offre la possibilité d’examiner une conversation exolangue, c’est-à-dire, une conversation entre un sujet expert de la langue française et un sujet qui s’exprime en une langue seconde. Berlusconi parle assez bien le français, mais il ne le maîtrise pas parfaitement. Il a difficulté, parfois, à prononcer les voyelles nasales, la voyelle « u » et la consonne « r ». Il parle très lentement en faisant des pauses et en utilisant une intonation montante presque à chaque mot. Il se sert aussi de plusieurs stratégies comme les périphrases pour faire face à ses lacunes lexicales ou de termes généraux comme « chose ». Il fait aussi une traduction littérale de l’expression italienne « sono sceso in campo » qui devient en français « je suis descendu sur le terrain ». La faute la plus éclatante a lieu au début de l’interview quand Berlusconi dit « votre question c’est mal posée ». L’énoncé est agrammatical parce qu’il contient deux sujets « votre question » et « cela est ». 
Explication.
N’étant point habitué aux journalistes non asservis, qui font leur métier et qui posent des vraies questions, Berlusconi semble être en difficulté dès le début. Ainsi, bien conscient de ne pas pouvoir échapper aux questions en accusant le journaliste d’être un communiste ou en abandonnant l’interview, il tente, avec parcimonie et évitant ses fameuses blagues, l’arme de l’humour. Il faut admettre que les questions du journaliste ne sont pas vraiment insidieuses, car il n’insiste pas beaucoup et il n’interrompt jamais son interviewé. Tous les chevauchements, très peu en vérité, sont dus à Berlusconi. Le Cavaliere maîtrise assez bien le français : petits défauts de prononciation à part, il fait très peu de fautes.

samedi 15 novembre 2014

Chapitres 53 à 58 - Jana (version révisée)

Le départ de notre cousine
Des soldats arrivent à la maison de Grand-Mère pour retrouver des enfants qu’ils ont sur leur liste et sur laquelle ils ont le nom de la cousine. Ils promettent de l’amener à un centre d’accueil de la Grande Ville et d’y faire des recherches pour retrouver ses parents. La cousine dit au revoir et part avec les soldats. Les jumeaux restent avec Grand-Mère.

L’arrivée des nouveaux étrangers
Les maisons de la ville, habitées ou pas, sont fouillées par les militaires et après par des voleurs.  Les jumeaux profitent pour entrer dans la Librairie et ils y prennent une encyclopédie, des crayons et du papier. Les militaires se soûlent et violent des femmes.

L’incendie
Les jumeaux remarquent qu’ils n’ont pas vu la voisine et Bec-de-Lièvre depuis quelques jours et ils trouvent la voisine couchée sur une table et Bec-de-Lièvre morte sur le lit.  Apparemment elle a été violée par des militaires jusqu’à la mort. Les garçons offrent à la voisine de l'aider mais celle-ci veut mourir, donc ils lui tranchent la gorge et incendient sa maison.

La fin de la guerre
L’armée victorieuse, appelée l’armée des Libérateurs s’installe en  ville. Les jumeaux apprennent leur langue et servent comme interprètes entre les habitants et les Libérateurs ce qui les aide à faire de commerce. Des tickets de rationnement sont distribués mais tout le monde manque de tout, sauf les jumeaux et Grand-Mère. Les Libérateurs prennent le contrôle sur le gouvernement et l’armée, les gens doivent apprendre leur langue et leur culture et le pays est coupé du reste du monde par des fils de fer barbelés.

L’école recommence
Comme les enfants ne vont pas à l’école et ignorent les lettres qui leur demandent d’y aller, un inspecteur va les voir. L'un joue le sourd et l'autre l'aveugle et Grand-Mère explique qu’ils ont des hallucinations à cause d’une expérience traumatisante. Ils sont donc dispensés de fréquenter l’école.

Grand-Mère vend sa vigne
Un officier demande Grand-Mère de vendre la vigne parce que l’armée veut y construire un bâtiment pour les gardes-frontière mais elle ne veut pas. Les jumeaux discutent avec l’officier et arrivent à vendre la vigne en échange de l’eau, de l’électricité, d’une salle de bains et d’un poste de radio.

Pourquoi ces chapitres sont-ils importants ?

Ces chapitres marquent la fin de la guerre et la nouvelle vie qui commence. Mais bien que la guerre soit finie la vie ne devient pas facile. Cependant les jumeaux ne sont plus des enfants, maintenant ils ne sont plus seulement respectés par Grand-Mère mais aussi par l’officier qui négocie avec eux.

dimanche 9 novembre 2014

Lecture Katja


Le Grand Cahier – Résumé des chapitres 13 à 16

Notre voisine et sa fille
La voisine des jumeaux habite dans « une masure complètement délabrée », avec un toit troué et un jardin qui n’est pas cultivé. Elle est assise toute la journée dans son jardin et ne fait rien. Les gens disent qu’elle est folle. Sa fille est un peu plus âgée que les jumeaux. Elle mendie partout et vole tout ce qu’elle peut voler. Une fois, les jumeaux la surprennent buvant du lait en suçant le pis d’une de leurs chèvres. Elle dit aux jumeaux qu’on l’appelle Bec-de-Lièvre, et qu’elle aime sucer le pis. Quand elle dit qu’elle aimerait jouer avec eux, les jumeaux lui expliquent qu’ils ne jouent jamais. Ils lui disent que si elle a besoin de quelque chose pour sa mère, elle n’a qu’à demander. A ces mots, Bec-de-Lièvre se met à crier. Elle dit qu’elle ne veut pas de leurs fruits ou de leur lait, elle ne veut qu'une chose, qu’ils l’aiment, parce que personne ne l’aime.

Dans ce chapitre, la voisine et sa fille, qui va jouer un rôle très important, sont introduites. Bec-de-Lièvre fait beaucoup d’allusions sexuelles et veut « jouer » avec les jumeaux. C’est la première fois qu’ils sont confrontés avec la sexualité.


Exercice de mendicité
Les jumeaux font un exercice de mendicité. La plupart de gens passe sans s’arrêter, mais il y a certains qui leur donnent un peu d’argent, des pommes, des biscuits ou du chocolat. Une femme leur caresse les cheveux. Une autre s’arrête et demande s’ils n’ont pas honte de mendier. Elle dit que s’ils travaillent pour elle, elle leur donnera de la soupe et du pain, pour qu’ils n’aient plus besoin de mendier. Les jumeaux refusent son offre, ils lui disent qu’ils n’ont pas faim et qu’ils mendient seulement pour observer la réaction des gens. En rentrant, les jumeaux jettent les pommes, les biscuits, le chocolat et les pièces de monnaie dans l’herbe. La caresse sur leurs cheveux est impossible à jeter.

Les jumeaux se préparent pour toutes les situations, ils mendient des choses dont ils n‘ont même pas besoin. Qu’ils jettent tout ce qu’ils ont reçu juste après l’exercice montre que les jumeaux ne veulent pas de compassion de personne. Ils voudraient même jeter la caresse sur leurs cheveux.


Bec-de-Lièvre
Les jumeaux observent Bec-de-Lièvre quand elle « joue » avec leur chien. Quand elle se rend compte qu’ils l’ont observée, elle demande si elle est encore leur copine. Les jumeaux répondent que oui, et qu’ils lui permettent de jouer avec leur chient tant qu’elle veut. Ils lui promettent qu’ils ne diront à personne ce qu’ils ont vu. Bec-de-Lièvre pleure et affirme qu’il n’y a que les bêtes qui l’aiment. Les jumeaux lui demandent si c’est vrai que sa mère est folle. Bec-de-Lièvre dit que sa mère est seulement sourde et aveugle, et qu’on ne peut pas aller chez un médecin, parce qu’elles n’ont pas d’argent et parce que tous les médecins sont au front.

Ce chapitre est important parce que c’est la première fois que les jumeaux voient quelqu’un lors de l'acte sexuel. Ceci est encore plus exceptionnel parce que c’est avec un chien. La sexualité joue un rôle central dans la vie de l'entourage des jumeaux, malgré leur très jeune âge.


Exercice de cécité et de surdité
Les jumeaux font un exercice de cécité et de surdité. L'un d’eux fait l’aveugle et l’autre fait le sourd. Au début, l’aveugle attache un fichu noir sur ses yeux et le sourd se bouche les oreilles avec de l’herbe. Plus tard, ils n’ont plus besoin de ces choses pour faire l’exercice. Ils vont se promener pendant les alertes, quand les rues sont désertes. Puis, le sourd décrit ce qu’il voit et l’aveugle ce qu’il entend. Il parle lentement pour que le sourd puisse lire sur ses lèvres. Quand l’aveugle entend les sirènes, les jumeaux savent que c’est la fin de l’alerte et ils rentrent.          

Ce chapitre montre que les jumeaux sont très clairvoyants et pensent à leur avenir. Ils se préparent même pour le cas où l'un d’eux devient sourd ou aveugle, comme la voisine. Le fait qu’ils vont se promener pendant les alertes montre de nouveau que les jumeaux sont très courageux et n’ont pas peur de la guerre.